L’IRM, une méthode sans radiation permettant de détecter les lésions pulmonaires chez les jeunes enfants atteints de mucoviscidose

Les recherches qui portent sur une meilleure compréhension et un meilleur traitement de la mucoviscidose sont en évolution constante et nous recevons, heureusement régulièrement, des avis concernant de nouvelles thérapies. Elles ont pour objectif de ralentir l’atteinte pulmonaire, il est donc important que le traitement soit administré le plus rapidement possible après l’établissement du diagnostic. Afin d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle thérapie, on réalise en général une mesure de la fonction pulmonaire, mais cet examen est impossible à effectuer chez les petits enfants, incapables de souffler correctement. D’autre part, la mesure de la fonction pulmonaire n’est pas suffisamment sensible pour révéler les premiers signes de lésions pulmonaires. Par contre, celles-ci sont visibles sur un CT-scan (1), mais cette technique a le désavantage de libérer des rayons. Or, comme l’exposition aux rayons n’est pas indiquée, surtout chez les jeunes enfants en cours de croissance, cette méthode d’imagerie n’est pas utilisée, sauf en cas de stricte nécessité.

L’IRM (2) (imagerie par résonance magnétique) est une nouvelle manière d’obtenir une image des poumons sans devoir recourir aux rayons. Des chercheurs allemands d’Heidelberg sont parvenus à dépister un début de lésion pulmonaire chez de jeunes enfants atteints de mucoviscidose à l’aide d’une IRM. Au cours de leur étude, ils ont testé cette technique dans trois centres différents et ont comparé les résultats. Le fait que les résultats soient comparables est particulièrement important pour ce qui concerne les études cliniques menées dans plusieurs centres en même temps.

C’est dans ce cadre que des IRM ont été effectuées sur 42 enfants entre 0 et 6 ans dans trois centres allemands.

Les chercheurs ont ainsi pu démontrer que les résultats des scintigraphies étaient comparables dans tous les centres et que l’IRM pouvait donc être utilisée comme méthode exempte de radiation en vue d’évaluer la gravité des lésions pulmonaires chez les jeunes enfants. Selon les scientifiques, outre sa capacité à évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies durant les études cliniques, cette technique peut également être utilisée de manière  routinière  au sein de l’hôpital.

Mais il existe toutefois quelques inconvénients liés à l’IRM. Comme c’est souvent le cas pour un CT scan des poumons, ce type d’examen par IRM nécessite l’utilisation d’un liquide de contraste (administré par intraveineuse), or cela peut provoquer des réactions allergiques. De plus, comme l’examen par IRM dure environ 25 minutes, et que durant cette période il est important que le patient reste immobile, il est parfois nécessaire d’administrer une petite narcose aux jeunes enfants.

Avec quelques études cliniques qui choisissent de recourir à l’IRM afin d’évaluer les lésions pulmonaires chez les enfants atteints de mucoviscidose, il semble désormais que cette méthode, exempte de rayons, soit de plus en plus utilisée par les chercheurs.

Cet article est basé sur un résumé anglais rédigé par les chercheurs eux-mêmes. L’article scientifique complet est disponible ici.



[1] Dans une tomodensitométrie, les rayons X sont utilisés pour réaliser des images d’une partie du corps. Pendant l’examen, le patient est allongé sur une table pendant qu’un tube à rayons X tourne autour de lui. Un détecteur mesure le rayonnement transmis sous différents angles. À l’aide d’un ordinateur puissant et rapide, cette information est traduite en images CT. La tomodensitométrie est utilisée pour les examens du corps entier. Les examens pulmonaires par tomodensitométrie permettent un diagnostic plus précis des maladies pulmonaires chroniques ou maladies pulmonaires spécifiques.

 

[2] L’IRM utilise un champ magnétique puissant et les ondes de fréquence radio. Le patient est placé dans un tunnel où des ondes de résonance sont générées grâce à une interaction complexe entre le champ magnétique et les ondes de fréquence radio, ce qui produit des images du corps. L’IRM est principalement utilisée pour cartographier le système nerveux central (cerveau et moelle épinière). L’IRM est beaucoup plus sensible que la tomodensitométrie, ce qui permet de détecter les petites anomalies à un stade précoce.

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